Clothilde

Le tourisme de ruines au Japon : “haikyo” 廃墟


Il n’y a pas si longtemps j’ai découvert un artiste photographe français THOMAS JORION lors d’une de ces expositions à Shinjuku. Sa spécialité : photographier des endroits en l’abandon, le plus souvent oubliés et en ruines. C’est un phénomène que je connaissais, surtout en Europe et Berlin en particulier, mais je ne pensais pas que de tels endroits pouvaient exister au Japon. Quelle erreur de ma part ! J’apprends même aujourd’hui qu’il existe un véritable “tourisme de ruines” au Japon ou “haikyo” 廃墟 !

Le haikyo, qui veut en fait tout simplement dire ruine en japonais, consiste à explorer des endroits abandonnés, que ce soit des maisons particulières, des hôpitaux ou des usines désaffectés , des hôtels fantômes … qui ont, au fils des années, été envahis par la végétation et qui possèdent donc une atmosphère plutôt sinistre.


Le guide “Nippon no haikyo” (“Les ruines du Japon”), des éditions Ryoji Sakai (2007), fut à l’origine de la popularité actuelle de ce phénomène, et qui a depuis pris beaucoup d’ampleur grâce à internet et aux étrangers vivant au Japon.


Le Britannique Michael Gakuran est l’un de ces étrangers qui s’intéresse tout particulièrement au haikyo et considère que le nombre d’édifices laissés à l’abandon après l’explosion de la bulle économique japonaise (il y a 2 décennies), et donc la fermeture de nombreuses usines et entreprises, a beaucoup à voir avec le développement de ce phénomène au Japon. Voici sa page internet consacrée au haikyo : http://gakuranman.com/category/haikyo-ruins/

Sur son site, il expose des photos de l’île de Hashima, dans la province de Nagasaki, considérée par la plupart comme un haut lieu de haikyo. Mieux connu sous le nom “Gunkanjima” (L’île navire de guerre), de part sa ressemblance avec un navire de guerre, cette colonie minière abandonnée dans les années 70 et remplie de bâtiments de béton gris, attire chaque année des milliers de fans « Haikyo» et même des visites organisées.


Le français Thomas Jorion est aussi un fanatique de haikyo, sauf qu’il ne fait pas que photographier les ruines du Japon, mais celles du monde entier http://www.thomasjorion.com/category/ilots-intemporels-thomas-jorion/japon-2
Voici quelques une de ses photos du Japon :



Par contre, la popularisation de ces lieux abandonnés conduit parfois leurs propriétaires à vouloir les démolir pour empêcher les visiteurs de s’y introduire illégalement et aussi d’y risquer leur vie car beaucoup de ses endroits sont dans un état de décrépitude tel que les fondations risquent de s’écrouler à tout moment. Si vous êtes vous même intéressés par ce genre de tourisme, ayez-donc une attitude responsable, renseignez-vous bien et faites attention :)
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2 Réponses

  1. Hubert
    Hubert
    2012/09/24 at 5:59 PM |
    Votre article a fait naître une vocation. Le “tourisme des ruines”, ou “zones mutables” dans le jargon urbanistiques, seront définitivement mon sujet de mémoire.

    Merci à vous.
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